18 Jan 2016

Pourquoi la France doit continuer à investir dans le Fonds mondial ?

18 Jan 2016
1. Un engagement de longue date contre les trois pandémies La France a toujours été très engagée et reconnue dans la lutte contre les pandémies : elle a un rôle important depuis les débuts de la recherche contre la tuberculose (découverte du BCG), contre le sida (Prix Nobel de médecine pour la découverte du virus) et l’accès des malades des pays en développement aux traitements. Au niveau politique, elle a participé activement à la mise en place du Fonds mondial en 2002, et y a insufflé de nombreux thèmes qui lui sont chers. En effet, la stratégie politique de la France en santé mondiale met l’accent sur l’accès universel à la prévention et aux soins, les droits humains et la prise en compte des populations les plus stigmatisées ainsi que sur l’égalité de genre, toutes thématiques défendues et promues par le Fonds mondial dans les programmes qu’il finance. Et depuis la création du Fonds mondial, la France a également montré un engagement continu et a mobilisé d’importants moyens budgétaires : à la fin 2014, la France avait versé plus de 3,8 milliards d’euros au Fonds mondial, soit près de 13% du budget total de l’organisation depuis sa création. Par ailleurs, suite aux recommandations de la dernière évaluation de la contribution française au Fonds mondial, des ressources humaines additionnelles ont été intégrées au Ministère des Affaires étrangères afin de permettre un meilleur suivi de l’initiative et des financements dédiés. C’est également par ce biais que le réseau des conseillers régionaux en santé est de plus en plus impliqué dans le suivi des investissements de la France dans le Fonds mondial, notamment par la participation aux Instances de Coordination nationales (CCM). 2. Un rôle d’exemplarité du deuxième contributeur En tant que contributeur principal au Fonds mondial, la France a un rôle de leader par rapport aux autres pays donateurs : si la France diminue sa contribution lors de la prochaine reconstitution, ce serait le signe d’un désengagement français de la lutte contre les trois pandémies et d’une désolidarisation de la mission du Fonds mondial. Sans compter qu’il peut sembler incohérent d’appeler d’autres pays à contribuer davantage à cet outil au moment même où la France marque le pas. S’il est certes nécessaire que de nouveaux bailleurs contribuent financièrement aux ressources du Fonds mondial tant les besoins sont croissants, ce ne doit pas être un prétexte pour que la France se désengage et leur « laisse la place ». Les nouvelles ressources levées par ces nouveaux bailleurs doivent être additionnelles aux contributions des bailleurs « traditionnels ». Ceci est d’autant plus important que la France risque de ne pas respecter son engagement actuel de 1.08 milliards à la fin de l’année 2016. La Secrétaire d’Etat Annick Girardin a annoncé devant l’Assemblée Nationale, en première lecture du projet de loi de finances pour 2016, que la contribution au Fonds serait coupée de 20 millions cette année. Le Fonds mondial est en droite ligne avec la politique de la France en matière de santé mondiale, mais est également un outil fort de diplomatie internationale où la France peut peser de tout son poids afin de défendre les principes qui lui sont chers. Pour préserver les investissements déjà réalisés et assurer un engagement fort vers l’éradication des trois pandémies, il est donc indispensable que la France poursuive son investissement en faveur du Fonds mondial et s’engage à hauteur de 1.08 milliards d’euros sur trois ans lors de la prochaine conférence de reconstitution des ressources en 2016.
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